Genève
Elles sont partout en octobre. Mais pourquoi maintenant ?
Les araignées deviennent soudain très visibles dans nos maisons. Pas parce qu’elles arrivent, mais parce qu’on les remarque enfin.

Oct 9, 2026

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Illustration : Les Pépites de Genève, générée avec IA. Visuel éditorial, non photographie documentaire d’une espèce identifiée.

Elle était où, cette énorme araignée, pendant tout l’été ? On ne l’avait pas vue une seule fois. Et voilà qu’un soir d’octobre, elle traverse tranquillement le salon, comme si les lieux lui appartenaient.

Dans les maisons genevoises, les caves, les garages et les jardins, la scène revient chaque automne. Pourtant, ce n’est pas forcément une invasion. Nous sommes surtout entrés dans la saison où certaines araignées se montrent davantage.

Pourquoi maintenant ? Une histoire de rencontres

À la fin de l’été et au début de l’automne, les mâles adultes de plusieurs espèces de grandes araignées domestiques quittent leur refuge ou leur toile pour chercher une femelle. Ils parcourent alors des surfaces bien plus visibles : un couloir, le parquet du séjour ou les bords d’une baignoire.

On les remarque donc davantage, même sans augmentation spectaculaire de leur nombre. La lumière qui baisse, les soirées passées chez soi et les fenêtres encore ouvertes peuvent renforcer cette impression.

Et non, l’explication n’est pas simplement qu’elles « rentrent pour se réchauffer ». Beaucoup vivaient déjà dans le bâtiment ou tout près.

Qui sont ces grandes visiteuses ?

Les grandes araignées brunes aux longues pattes que l’on aperçoit filer au sol sont souvent des tégénaires, notamment des groupes Tegenaria et Eratigena. Elles fréquentent volontiers les caves, garages, remises et recoins tranquilles. Leur vitesse impressionne davantage que leur danger réel.

Dans les jardins, les épeires attirent aussi l’attention à cette saison avec leurs grandes toiles tendues entre deux branches ou près d’une fenêtre. Elles ne sont pas toutes des habitantes de nos salons : chaque espèce a son mode de vie.

Une photo nette peut aider à identifier une araignée, mais la taille et la couleur seules suffisent rarement.

Que cherchent-elles chez nous ?

Généralement, trois choses très ordinaires : des proies, un refuge ou un partenaire. Les araignées ne nous poursuivent pas et n’ont aucun intérêt à venir à notre rencontre.

Elles participent aussi à l’équilibre des petits écosystèmes, jusque dans les habitations : leur nourriture comprend notamment mouches, moustiques et autres petits invertébrés. Ce sont des prédatrices utiles, sans qu’il faille pour autant leur réserver le canapé.

Faut-il les laisser ou les sortir ?

Si une araignée est installée dans un coin discret et ne vous gêne pas, la laisser tranquille est souvent le geste le plus simple. C’est particulièrement vrai pour une espèce adaptée à la vie dans les bâtiments.

Si sa présence vous met mal à l’aise, prenez un verre transparent, posez-le doucement au-dessus, glissez une carte rigide dessous et déplacez-la sans la toucher. Choisissez un endroit abrité et proche de son habitat, par exemple une remise ou un garage, plutôt que de l’exposer brutalement au froid ou à la pluie.

Attention : certaines espèces véritablement domestiques supportent mal d’être relâchées dehors. Le déplacement n’est donc pas une solution universelle, d’où l’intérêt de privilégier un espace abrité lorsqu’on ne connaît pas l’espèce.

Et surtout, qu’éviter ?

Évitez les insecticides systématiques : pour une araignée isolée, ils sont disproportionnés et peuvent affecter d’autres organismes. Évitez également de l’écraser par réflexe ou de manipuler à mains nues une araignée non identifiée.

Pour limiter les rencontres sans chercher à tout éliminer, on peut installer des moustiquaires, réduire les interstices autour des portes et fenêtres et garder les endroits de passage dégagés.

La prochaine fois que vous en croisez une…

Avant de sortir le balai, observez-la quelques secondes. Longues pattes ? Course rapide ? Toile dans un angle ? Vous avez peut-être simplement croisé un mâle en quête de partenaire.

Et si cette apparition d’octobre était finalement l’occasion de regarder autrement les petites vies qui partagent nos maisons ?

Une curiosité qui se cultive aussi à Genève

Cette curiosité pour les araignées se retrouve dans les animations nature locales. Le Réseau Environnement de Genève a notamment annoncé une activité de Pro Natura intitulée « Même pas peur des araignées », au Bois des Mouilles, le 10 octobre. Consacrée à leurs stratégies de survie et à leur utilité, cette proposition montre qu’il existe une autre façon de les regarder que par la peur. Sa tenue effective n’a toutefois pas pu être confirmée dans le programme officiel 2026 de Pro Natura Genève.

Pour aller plus loin

Natural History Museum : pourquoi les araignées sont plus visibles à l’automne

Natural History Museum : reconnaître les araignées de la maison

Pro Natura Genève : agenda des activités nature

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